Maroua Infos REN

Bienvenue sur mon blog Le travail est la source de toute vertu.

  • Accueil
  • > Cameroun
  • > Assemblée nationale : Cavayé Yéguié accable Iya Mohammed

7 juin, 2011

Assemblée nationale : Cavayé Yéguié accable Iya Mohammed

Classé dans : Cameroun,Liens,Monde — marouainforen @ 16:41

                                                    Assemblée nationale : Cavayé Yéguié accable Iya Mohammed dans Cameroun cavayeDans son allocution d’ouverture de la session de juin, le patron du Parlement a plaidé pour le limogeage du Dg de la Sodecoton.


cavaye dans LiensLe venin était finalement à la queue du discours de Cavaye Yéguié Djibril hier lors de la séance plénière d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année législative 2011. Après une évocation des enjeux des examens officiels, qui se déroulent au même moment que la présente session parlementaire, et de la précarité des enseignants en cours d’intégration, qui constitue, selon le Pan, «une violation des droits des travailleurs» et un danger en cette année électorale, le président de l’Assemblée nationale s’arrête sur le coton camerounais. D’après le Pan, la situation de ce produit de rente est «préoccupante et inquiétante au Cameroun malgré le cours mondial alléchant». Cavayé Yéguié Djibril fait observer que la production cotonnière nationale a drastiquement chuté, elle est empêtrée dans une descente aux enfers, en dépit des potentialités dont regorge le Cameroun. Plus grave, à son goût, on note une «évasion massive» de cette production vers les pays voisins. «La Sodecoton est impuissante face à ce phénomène», dénonce-t-il. Avant d’oser cette question lancinante: «Est-ce la mort programmée de la Sodecoton ?». Et de lancer comme un cri de détresse en direction du Pm, Philemon Yang, assis dans le box réservé au gouvernement, aux côtés de nombreux ministres : «M. le Premier ministre, il faut sauver le coton camerounais ! Il faut que les contours de la culture et de la commercialisation de ce produit soient revus».
Auditions
Et puis, sans clignoter, le Pan fera alors un détour pour «flinguer» le Dg de la Sodecoton, Iya Mohammed. En indiquant que la gestion de la Sodecoton doit être confiée à « des hommes disponibles, qui ne sont pas partagées entre les passions populaires et la gestion de l’entreprise, le coton ne saurait se gérer à distance. Il faut remettre le coton sur la trajectoire normale». Une envolée verbale qui répand des murmures mêlés d’éclats de rire et d’applaudissements dans l’hémicycle. Où près 30 députés sur 180 ont manqué à l’appel hier, officiellement pour cause de maladie. Dans la cabine des journalistes, une clameur monte à l’unisson : «Iya est fini !».

En effet, cette volée de bois vert à l’encontre du directeur général de la Société de développement du Coton (Sodecoton), par ailleurs président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) intervient dans un contexte où le patron de la Fécafoot et certains de ses collaborateurs effectuent des va-et-vient à la Police judiciaire à Yaoundé. Des auditions qui se situeraient dans le cadre d’une enquête diligentée depuis 2005 par les fins limiers de la Pj, suite à une plainte déposée par le gouvernement camerounais pour des faits de présomptions de malversations financières dans la gestion de la manne financière issue des participations des Lions indomptables aux différentes compétitions internationales, notamment aux six coupes du monde de football.

La Sodecoton au centre des batailles
Dans son discours d’ouverture du comice agropastoral, le 17 janvier dernier à Ebolowa, le chef de l’Etat, Paul Biya, parlant des cultures industrielles, dont le coton, soulignait déjà que le Cameroun faisait preuve d’une «timidité excessive» en la matière. «Il me paraît également que nous pourrions étendre nos plantations d’hévéa et de banane, créatrices de rentrées de devises et d’emplois, et relancer la culture du coton pour répondre à une augmentation prévisible de la consommation mondiale qui commence à se manifester», argumentait-il. Hier, le président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril, a pratiquement coupé le (dernier ?) fil sur lequel s’accrochait encore Iya Mohammed.

Embauché à la Sodecoton en 1981, celui qui dirige la Fecafoot depuis 1998, «impressionne» son patron Ahmadou Bassoro, qui va le nommer au poste de délégué régional de la Sodecoton pour le Littoral pendant un an. De 1983 à 1984, M. Iya assure les fonctions de secrétaire général de la Sodecoton. Ce foulbé pur sang, qui a fait ses études notamment au Nigeria, devient directeur général de cette entreprise en 1984. Société d’Etat placée sous la tutelle de l’ex ministère de l’Agriculture, la Sodecoton échappera de peu à un schéma de privatisation qui prévoyait le rachat de 48% du capital de l’entreprise par certains dignitaires du grand Nord tels que Sadou Hayatou, Ahmadou Abdoulaye, alors lamido de Rey Bouba et un certain… Cavaye Yéguié Djibril.

Mais, le processus devant aboutir à privatisation de la Sodecoton sera annulé, pour cause d’irrégularités, par feu Justin Ndioro, alors ministre des Finances. Soutenu par les élites du grand Nord, à l’instar de l’actuel ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, Iya Mohammed se maintiendra à la tête de la Sodecoton, contre vents et marées.
Mais la bataille pour le contrôle du «mastodonte» n’est pas pour autant à son dernier round. Tous les coups sont dorénavant permis, même en dessous de la ceinture.

En témoigne, le discours musclé de Cavaye hier au Parlement, contre cette entreprise et son top management, comme pour «donner le coup de grâce» à M. Iya au moment où ce dernier file du mauvais coton, au plan judiciaire. Surtout cette entreprise, en pleine survie, a contracté un prêt syndiqué d’un montant de 6,5 milliards Fcfa auprès de quatre banques locales afin de booster sa production, en mars dernier.
Ainsi, après le combat à fleurets mouchetés en cours entre Marafa Hamidou Yaya et des personnalités du septentrion, notamment Zacharie Perevet et Dakolé Daïssala, au sujet du démarrage des activités de la société agroindustrielle de la Bénoué (Saib) à Lagdo au détriment des riverains, les haches des dignitaires du Septentrion sont dorénavant déterrées en vue du contrôle de la Sodecoton. Chaud devant !

Georges Alain Boyomo

Laisser un commentaire

 

Culture Choc |
akdv |
Justice et liberté |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Chez PattCarbo
| Connaissez-vous vos droits ?
| wintershead