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6 novembre, 2010

Extrême-Nord : Les bons points des forces de l’ordre

Classé dans : — marouainforen @ 16:46

Extrême-Nord : Les bons points des forces de l’ordre policeLa multiplication des actes de bravoure des gendarmes et des éléments du Bir fait de plus en plus reculer le spectre de l’insécurité.

 

 

 

 

 

Le week-end dernier, deux malfrats ont été abattus à Gobo, dans le village Tina Magadji, à 15 kilomètres de la frontière tchadienne dans le département du Mayo Danay, par les éléments du troisième Bataillon d’intervention rapide (Bir) de Maroua. Au cours de cette opération, trois fusils de marque Kalachnikov et 508 munitions ont été récupérés.
Parmi la bande de quatre malfrats, le nommé Mehamet, blessé et un autre bandit à l’affut vont réussir à fondre dans la nature. C’est un exploit qui entre dans le palmarès de plus en plus étoffé de nos forces de sécurité qui, ces derniers temps, enregistrent des résultats satisfaisants. Ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Ce qui a fait dire à un officier de gendarmerie en poste à Maroua : «aujourd’hui, on parle de plus en plus de malfrats abattus ou capturés que de leur exploits sur tel axe ou dans tel village. L’insécurité a considérablement régressé».

Un constat que confirment les populations et certaines autorités de l’Extrême Nord. Sa majesté Yerima Boubakary Abdoulaye, chef de canton de Drogba et maire de la commune de Maroua 2e, parlant au nom de ses populations ayant subis longtemps les affres des coupeurs de route est de cet avis.
«Le canton est essentiellement peuplé d’éleveurs. Il ne se passait pas alors une semaine sans qu’il n’y ait prise d’otages avec demande de rançons qui s’élevait à plusieurs millions. Les périodes d’avant-fête étant celles où l’on notaient un regain d’insécurité. Avec la collaboration des populations et les exploits remarquables de la brigade de gendarmerie, on peut vraiment s’estimer heureux de dormir tranquille», se réjouit-il.
Depuis quelques temps donc, le sommeil est de retour dans quelques localités reconnues comme étant de véritables théâtres d’opération des coupeurs de route et de preneurs d’otages. Les malfrats se manifestaient souvent par des agressions à Zigué et Zigagué sur le tronçon Maroua-Kousseri, le carrefour Guidijiba sur la route Garoua-Ngaoundéré. Bien plus, les endroits comme Mizao et Midjivin dans le Mayo Kani, Tchévi et Boula dans le Mayo Tsanaga et certains campements dans le parc national de Waza dans le Logone et Chari étaient de véritables bases arrières des malfrats.

Coupeurs de route
Mais l’action de plus en plus conjuguée de la gendarmerie et des éléments du troisième Bataillon d’intervention rapide de Maroua a permis de donner un peu de sommeil aux populations. «C’est vrai que lorsque je suis arrivé dans le Mayo Tsanaga il y a trois ans, des coupeurs de route et les voleurs de bétail à mains armée nous ont donné du fil à retordre. Après, les preneurs d’otages sont entrés dans la danse. Nous avons conjugué nos efforts avec les éléments du Bir et mis la main sur plusieurs bandits activement recherchés. Aujourd’hui, on n’entend plus parler des localités jadis tristement célèbres comme Mogodé, Achigashia, Mogozo, situées pour l’essentiel le long de la frontière avec le Nigeria», affirme le capitaine Baba Moise, commandant de la compagnie de gendarmerie du Mayo Tsanaga.
«Plusieurs armes volées ont été également récupérées», ajoute-t-il. Le temps d’un repli des coupeurs de route pour mieux passer à l’offensive, pourrait-on dire. Mais de l’avis des forces de l’ordre, les résultats parlent pour eux. On dénombre près de 50 malfrats abattus, plus de 100 arrestations de coupeurs de route recherchés, des centaines d’armes et de milliers de munitions récupérées.

Déploiement des moyens humains et logistiques
Selon de nombreuses autorités administratives et responsables politiques de la région de l’Extrême nord, ce qu’on peut considérer comme des « victoires » des forces de l’ordre sur les grands bandits sont tributaires d’un certain nombre d’efforts conjugués des éléments de la gendarmerie et ceux du Bir pour venir à bout de l’insécurité. De l’avis du lieutenant-colonel Bondol, commandant du 3e Bir, il y a d’abord eu le renforcement de l’effectif avec de nouveaux éléments, l’octroi des motos tout terrain pour diverses interventions, le renforcement des moyens logistiques. Toutes choses qui ont permis de marquer le terrain et de mieux se déployer.

Pour le colonel Joseph Mbu Atang, commandant de la légion de gendarmerie de l’Extrême Nord, les résultats engrangés par ses éléments qui, ces derniers temps, ont retrouvé des cachettes d’armes à Mizao et Midjivin, ont libéré plus de cinquante otages pour la seule année 2010 dans divers repères des ravisseurs s’expliquent aussi par la franche collaboration des populations. «Avant, les populations craignaient de collaborer par peur de représailles. Maintenant c’est nettement mieux. La preuve, c’est qu’un jour, un habitant de Koza m’a mis au courant de la présence d’un braqueur dans un bar par message téléphonique. Lorsque nous avons mis la main sur lui, il s’agissait effectivement d’un malfrat dangereux que l’on recherchait activement», explique le capitaine Baba Moise.

L’autre explication des résultats npositifs des éléments de forces de maintien de l’ordre provient de leur degré de collaboration retrouvé. Il y a de cela quelques années, la présence de la gendarmerie et du Bir sur le terrain du combat contre les coupeurs de route avait fait naître le phénomène de la «guerre des bilans».
Chaque corps voulant briller par de bons résultats, quitte à glisser des peaux de banane à l’autre. Mais depuis que cette rivalité a montré ses limites et, surtout, de nombreux préjudices, la raison a fini par triompher. «Nous avons compris de nous même que les rivalités entre corps nous ont causé d’énormes préjudices, surtout la mort de nos éléments. En témoigne la mort d’un gendarme en opération à Mozogo en 1998, abattu par des éléments du Bir parce qu’ils l’ont pris pour un coupeur de route», raconte un gendarme.

La complicité des chefs traditionnels était depuis longtemps une entorse aux efforts des forces de l’ordre dans le combat contre l’insécurité. Denis Souaressam, maire de la commune de Dziguilao, localité où 10 personnes ont été exécutées en 2008 par leurs ravisseurs faute d’avoir attendu en vain la rançon, indique que «les chefs sont complices des coupeurs pour la simple raison qu’ils ont donné des millions aux sous préfets pour se faire élire. Il faut qu’ils rentrent dans leurs investissements en servant de relais aux coupeurs de route pour ensuite partager le butin ensemble. Sinon, comment comprendre que des chefs de lugubres villages roulent carrosse ?».
«L’exploitation» minutieuse de certains bandits aurait, selon des sources de la gendarmerie, permis d’être beaucoup plus édifiés sur l’implication des chefs traditionnels dans la fuite d’informations sur les différents pièges tendus aux malfrats. D’où les invectives du Secrétaire d’Etat à la gendarmerie, Jean Baptiste Bokam, qui s’adressait aux chefs traditionnels lors d’une visite de travail en ces termes : «Ceux dont la complicité avec les coupeurs de route se verra établie tomberont sous le coup de la loi, quelque soit votre rang et statut social». Il a donc fallu qu’on tire énergiquement les oreilles aux chefs traditionnels pour qu’ils collaborent enfin dans la lutte contre l’insécurité. Les premiers résultats sont perceptibles.

Jacques Kaldaoussa

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