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28 février, 2011

Paul Biya : Le papy et les contes au clair de l’une

Classé dans : — marouainforen @ 12:30

En campagne, le chef de l’Etat et candidat à sa propre succession, recycle ses promesses depuis 29 ans.

Paul Biya : Le papy et les contes au clair de l’une  biyaS’il en est quelqu’un qui se frotte les mains, en ce lendemain de 23 février 2011, présenté au Cameroun – encore une fois – comme la journée de tous les dangers, c’est bien Paul Biya. Le leader du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), candidat naturel de cette formation politique au pouvoir et chef de l’Etat, ne s’est cependant pas exprimé sur les appels lancés par des responsables de l’opposition en direction du peuple, pour le faire partir. Il n’en a pour autant pas été indifférent. En témoignent les différentes réunions qu’il a présidées ou instruites à la veille de cette commémoration des émeutes de février 2008.

En témoigne également la manière dont ses collaborateurs (Jacques Fame Ndongo, Issa Tchiroma, Francis Faï Yengo et Okalia Bilaï) ont investi les médias de service public et conditionné l’opinion. En témoigne, enfin, le déploiement policier et militaire dont il est le chef suprême, autour de cet événement.
C’est que Paul Biya tient à demeurer au pouvoir. Nombre de ses actes l’on démontré à suffisance. La dernière trouvaille : des tracts conçus et distribués en son palais. Mais aussi quelques autres exemples : la manière dont il s’est emparé de son serment des mains du président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié, lors de la prestation de serment en 2004. Ou des calculs politiciens sur la modification constitutionnelle. Ou de l’application, à géométrie variable, de la Loi fondamentale.

Agé de 78 ans, et même si on l’a vu en janvier dernier parcourant et re-parcourant le village du Comice agropastoral d’Ebolowa, le chef de l’Etat, sans véritable vigueur physique, se découvre une seconde jeunesse. Dans son art oratoire notamment. Comme un grand-père au soir de sa vie, celui qui s’est fait appeler «l’homme Lion» en 1992 semble avoir bouché ses horizons : tel le père Noël, il distribue des «cadeaux» et promesses déjà brandis en 1982, à son arrivée aux affaires. Des arguments de campagne qu’il a ressortis du chapeau lors du Cinquantenaire des armées, à Bamenda. Au rang de ces promesses, figure la «Ring Road». Un projet routier de la boucle du Nord-Ouest qu’il présenta aux populations de cette partie du pays en février 1983.
Le 23 juin 2010, le magazine américain Foreign Policy, du groupe de presse du Washington Post, a publié un article recensant 40 dictateurs dans le monde actuel. Dans cette livraison, la publication met particulièrement en exergue les chefs d’Etat africains. On note aussi, cependant, une présence des plus importantes des dirigeants d’Asie centrale et deux présidents d’Amérique latine. Réalisé par le président de la Free Afrique Foundation, qui a son siège à Washington (Etats-Unis), l’économiste ghanéen George B. N. Ayitteyle épingle notamment l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le Zimbabwéen Robert Mugabe et, surtout, le Camerounais Paul Biya.

A l’époque, le «Fon des Fon», nouvellement intronisé, disait combattre la marginalisation de certains Camerounais. Dans son discours, transpirait la promotion de l’unité nationale et la justice sociale. 28 ans plus tard, le président camerounais ne fait plus rêver. A l’occasion de la récente fête nationale de la Jeunesse, il a certes promis 25 000 emplois aux jeunes. Certes également, il a annoncé la prise en charge gratuite du «paludisme simple» pour les enfants de moins de 5 ans. Mais, à la vérité, l’on sait que cette forme de malaria ne se soigne pas forcément à l’hôpital. Tout comme aucune critériologie de recrutement n’a été élaborée, par rapport à la distribution prochaine des emplois.
Des axes de campagne qui sont couronnés par des promesses de construction en cette année 2011 de routes dans son Sud natal. Ici, le chef de l’Etat a récemment «découvert», toujours en vie, son tuteur et maître d’école qu’il n’avait pas revu depuis… 63 ans.

S’il a réussi le pari d’organiser un «Comice» agropastoral à Ebolowa, 23 ans après celui de Maroua, le papa de Frank Emmanuel, de Junior Biya et Anastasie Brenda Eyinga n’a pas dissipé une multitude de malentendus avec ses «frères». La preuve, il est devenu «Nnom Nguii», une «dignité» méconnue qui fait jaser chez les Bantou. Classé à la 23è position des plus grands dictateurs de la planète (28 ans de pouvoir en 2010), selon la revue américaine The Forein Policy, il est reproché au président camerounais des cas répétés de violation des droits de l’homme, mais aussi son insistance à modifier la Constitution, , en mars 2008, pour s’incruster au pouvoir. On met également sur son compte les «multiples entraves au processus démocratique dont la transparence électorale n’a jamais été une garantie dans le pays, où l’organe en charge des élections reste sous le contrôle des cadres du parti présidentiel, le Rdpc». En somme, le passé du vieux président parle pour son avenir.


Léger Ntiga

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